6 mensonges sur la réussite qu’on nous a toujours rabâchés

6 mensonges sur la réussite qu’on nous a toujours rabâchés

Il y a des phrases qu’on entend tellement souvent, dans tellement de bouches différentes, qu’elles finissent par sonner comme des vérités. Ce sont souvent de véritables mensonges sur la réussite : on ne les remet jamais en question, on les transporte avec soi, sans même se rappeler qui nous les a dites la première fois.

« Il faut réussir tes études mon enfant ! C’est pour ton avenir, il faut avoir un bon métier » me disait ma famille durant tout mon parcours scolaire.

Je me suis déjà demandé ce qu’est vraiment réussir, et plus j’avance, plus je réalise à quel point ces phrases ont façonné mes choix sans que je m’en rende compte. Mon parcours en est la preuve concrète : chacun de ces mensonges a eu un prix, avant que la vie ne m’en montre l’envers.

Voici six de ces phrases. Six mensonges qu’on m’a répétés, avec la meilleure intention du monde, et qui ont fini par me coûter du temps avant que la vie ne me prouve le contraire.

« Fais des études, tu seras tranquille »

C’était la promesse implicite derrière chaque conseil d’orientation, chaque réunion familiale : décroche ton diplôme, et le reste suivra. La tranquillité comme récompense automatique de l’effort scolaire.

N’avez-vous jamais ressenti que ce que vous appreniez n’avait ni sens ni finalité ? Peu de choses que j’ai apprises à l’école m’ont vraiment servi dans la vie, et avec la courbe de l’oubli, toutes ces choses ont disparu de ma mémoire (ou y sont profondément enfouies). Que d’années perdues ! Ma première société, même si elle n’a pas fonctionné (j’y reviendrai dans un autre article), m’a appris en 3 ans bien plus que n’importe quel cursus universitaire n’aurait pu le faire. 3 ans de gestion d’entreprise en condition réelle, 1 an de Freelance et une formation de 6 mois m’ont permis de travailler en Freelance dans des grands comptes, aux côtés d’ingénieurs informatiques, qui n’étaient pas forcément meilleurs que moi !

Réussir sans diplôme, ce n’est pas une exception qu’on brandit pour se rassurer. C’est une réalité que j’ai construite, par moi-même, en apprenant ce dont j’avais vraiment besoin au moment où j’en avais besoin. Un programme choisi par moi, pour moi.

Et vous, quelle compétence que vous utilisez aujourd’hui n’a jamais été enseignée dans une salle de classe ?

« Trouve un CDI, c’est la sécurité »

Juillet 2009 – Paris. Je signe un CDI après avoir été gérant d’entreprise et Freelance.

Le CDI comme synonyme de sécurité, c’est une équation qu’on ne questionne jamais. Un salaire qui tombe chaque mois, et l’esprit en paix. Sauf que cette sécurité dépend entièrement d’une seule source — celle que quelqu’un d’autre contrôle.

Mais le salaire, lui, est figé. J’ai compris que mes objectifs seraient très longs à atteindre avec de mini augmentations annuelles. Et puis, mon expérience s’est faite dans une société informatique : on embauche du personnel quand ça va bien, on s’en sépare quand les contrats se raréfient. Où est la sécurité là-dedans ? Une fois licencié, on a plus rien. Retour à la case départ.

Ne plus dépendre d’un salaire, ce n’est pas un slogan pour vendre une formation. C’est une question simple qu’on devrait tous se poser : que se passe-t-il si cette unique source s’arrête demain ? Ce n’est pas un hasard si la peur de l’échec et les craintes financières restent les deux premiers freins à tout changement de vie, bien avant le manque de compétences ou d’opportunités.

Et vous, si ce salaire s’arrêtait demain, combien de temps tiendriez-vous ? La sécurité que vous ressentez aujourd’hui dépend-elle de vous, ou de quelqu’un d’autre ?

La fabrique à vie issue des 6 mensonges de la réussite

« Une entreprise qui ferme, c’est un échec personnel »

Mai 2008 – Je me rends à l’évidence et je décide de liquider ma société. Tristesse, sentiment d’échec et de retour à la case départ.

Et puis cette phrase qu’on n’a pas besoin d’entendre à voix haute pour la croire : « c’est un échec ». Elle s’installe seule, dans le regard des autres, dans le silence qui suit l’annonce, et même dans son cœur, son égo.

Les faits ont raconté une autre histoire. Ce que j’ai appris en développant mon site internet en autodidacte m’a propulsé 2 mois après la liquidation à un poste Freelance chez Bouygues Telecom, au siège de Boulogne-Billancourt ! Pour un provincial comme moi, ce fut un grand saut !

Une liquidation judiciaire n’efface pas ce qu’on a construit. Elle clôt un chapitre, la vie continue. J’ai compris que toute expérience est une leçon de vie, qu’on apprend de chaque expérience, qu’on la considère positive ou négative au départ. Maintenant, quelle que soit l’expérience, je cherche à la comprendre pour voir ce que je peux en apprendre.

Quel échec, dans votre parcours, a fini par ouvrir une porte que vous n’auriez jamais trouvée autrement ?

« Regarde untel, lui il a réussi »

Je me rappelle l’époque de l’école et des bulletins scolaires, ou des notes que le professeur dit bien haut pour que tout le monde puisse savoir qui réussit et qui se plante…

Personne ne formule la phrase exactement comme ça. Mais le message passe quand même : à travers les classements, les comparaisons, les « untel a déjà… ». On grandit avec cette idée qu’il faut dépasser quelqu’un pour avoir réussi.

Ah, ces objectifs qu’on entend toujours : avoir sa maison, ses enfants, se marier, décrocher le poste, gagner beaucoup, conduire une belle voiture. On court après, et à chaque fois qu’on perd du terrain, on retombe dans ce sentiment d’échec, à observer ce qu’ont les autres plutôt que ce que l’on a déjà. Quand j’ai acheté mon premier appartement à Toulouse, le ressenti n’a pas été celui qu’on m’avait promis. Plutôt : mince, quel boulet — comment je fais si je dois repartir ailleurs ? Le mettre en gestion ? La rentabilité tombe presque à zéro. Avoir un enfant à ce moment-là ? Je n’avais encore rien vu du monde. J’ai vécu de longues années sans voiture, sans CDI, sans me marier — en suivant simplement mes envies et mes intuitions.

Réussir sa vie selon ses propres critères, c’est sortir d’une compétition qu’on ne peut, par définition, jamais gagner — puisqu’il y aura toujours quelqu’un, quelque part, qui a « plus ». C’est souvent à ce moment où tout ne s’aligne plus qu’on commence à s’en rendre compte.

La prochaine fois que vous vous comparerez à quelqu’un, demandez-vous : est-ce vraiment ce que je veux, ou ce que je crois devoir vouloir ?

« Tu seras heureux quand tu auras… »

La promesse est toujours la même : une fois que tu auras ça, tu seras enfin satisfait. Le problème, c’est que la ligne d’arrivée recule à chaque fois qu’on s’en approche.

Le jour où je me suis le plus rapproché des objectifs que l’on entend toujours, j’avais un travail (Freelance longue durée, un seul client, apparenté à du salariat), un appartement en location, une voiture, une petite amie : je me suis projeté dans le futur et j’ai simplement ressenti de l’ennui, de la monotonie. Les 40 ans à venir devaient être identiques à ce moment-là ? Je devais ensuite emprunter pour payer une maison et ne plus pouvoir bouger ?

Construire sa vie idéale ne ressemble pas à une accumulation de paliers. Personnellement, ma vie idéale est d’avoir la liberté d’aller où je veux, quand je veux, et de faire ce que je veux. Le plus gros frein est souvent le financier, ou la santé. Cette dernière va très bien et j’en suis reconnaissant. Pour la partie financière, j’ai toujours géré celle-ci pour pouvoir accéder à mes objectifs : voyager, trouver mon lieu de vie, découvrir, apprendre.

Qu’est-ce que vous repoussez, en vous disant « quand j’aurai ça, alors je serai heureux » ? Si vous l’atteigniez, là, maintenant, êtes-vous sûr que la satisfaction durerait ?

« Trouve ton métier, et ce sera celui-là pour de bon »

Vous avez sûrement vécu la même chose que moi au collège : il faut trouver sa voie ! Car après la 3ème, il faut s’orienter : lycée général, lycée professionnel, CAP ou autre. Ok très bien tout ça, mais on en sait quoi à 14-15 ans ? On n’a jamais rien vu, et vous aurez remarqué que souvent, on choisit le travail d’un des parents, ou similaire. Jusqu’au jour où on comprend que celui-ci n’était pas fait pour nous, car nous ne sommes pas les mêmes personnes que nos parents.

On nous pousse à décider, jeunes, sans avoir jamais mis un pied dans une entreprise, sans avoir vu la réalité d’un seul métier de l’intérieur. Et pourtant, cette décision est traitée comme définitive.

J’ai aussi fait ça, je me suis lancé dans l’informatique car mon père en faisait. Mais ne vous y trompez pas, j’ai beaucoup aimé ça, et j’étais très à l’aise dans ce domaine. Mais devrait-on s’épanouir toute notre vie en faisant toujours la même chose ? Pour ma part, j’ai aussi appris la gestion d’entreprise, la comptabilité, la finance, le trading, la permaculture, la construction. Aujourd’hui, je m’oriente dans cette dernière activité, mais je sais que ce ne sera pas la dernière !

Vivre en accord avec ses valeurs suppose justement de pouvoir changer de cap quand ce qu’on découvre de soi ne correspond plus à la décision prise à seize ans.

Si vous deviez choisir aujourd’hui, avec ce que vous savez de vous maintenant, referiez-vous le même choix qu’à seize ans ?

Et vous, lequel de ces mensonges vous a le plus marqué ?

Ces six mensonges sur la réussite, je ne les ai pas tous crus de la même façon. Pour certains, un doute était déjà là, tapi, longtemps avant que la vie ne vienne le confirmer. C’est même ce doute initial qui m’a donné le courage de questionner les autres, celles qui semblaient les plus solides.

Il y a sûrement, dans votre propre histoire, une phrase de ce genre que vous n’avez jamais osé remettre en question — ou au contraire, une que vous avez toujours soupçonné d’être fausse. Laquelle est-ce, pour vous ? Dites-le-moi en commentaire — je serais curieux de savoir laquelle de ces phrases vous a été le plus souvent répétée.

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